lundi, juin 11, 2007

Un sacrifice inexplicable.

Pierre Jallatte , fondateur des chaussures de sécurité Jallatte s’est suicidé à l’âge de 89 ans .
Fondé en 1947 cette entreprise a été rachète sous peu et ses nouveaux dirigeants avaient décidé de délocaliser leur production vers la Tunisie.


On parle de 4 300 emplois à travers toute l’Europe et donc une opportunité très intéressante pour notre pays.

Mais la ou je ne comprends plus rien dans ce monde c’est comme un Monsieur âgé de 89 ans -donc à la fin de sa vie - décide de se suicider parce que son entreprise qu’il a fondé délocalise vers un pays maghrébins.Surout qu'un site de production est actuellement actif en Tunisie.

Je comprends que cela puisse être dur pour les employés qui travaillent dans cette compagnie depuis peut-être deux générations mais le monde du commerce international est ce qu’il est. Dans un contexte de mondialisation et avec des pays émergents très compétitifs comme la Tunisie, et face à la concurrence asiatique, le choix me parait évident.

Et puis c’est aussi un retour des choses, la Tunisie a été spolié de ses emplois et des es richesse durant des centaines d’années. Nous sommes en mesure aujourd’hui de faire face à l’économie du marché et recevoir les bénéfices de tous nos sacrifices.

Mais le sacrifice de M. Jallatte semble avoir donné ses fruits .Au point ou les dirigeants actuels songe à abandonner le projet de délocalisation...Le sacrifice en valait-il la peine ?

3 commentaires:

Elyes a dit...

Immagine un Tunisien qui crée une entrepris à Jendouba, Sidi Bouzid, Medenine ou autre.

Qui considère les employé comme ses propres enfants.
Qui s'y est donné corps et âme.

Ce Monsieur part à la retraite, entre temps sa boîte tombe aux mains d'un fond de pension Américain qui décide de tout délocaliser au Bengladesh...

Ce Monsieur s'est donné la mort parceque sa vie est viscéralement liée à l'entreprise qu'il a crée et à ses employés (il suffit de lire leurs témoignages!!).

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En Tunisie, non seulement les ouvriers reçoivent un salaire de misère (le SMIG actuel est inférieur à celui de 1980 si on prend en compte l'inflation!) mais avec la logique de la "Mondialisation" c'est des milliers d'emplois qui vont disparaître d'ici peu...

Tu parles de la spoliation de l'époque coloniale?
L'accord de Libre Echange qu'on a signé en 1995 n'est que la version "moderne" des capitulations que le Bey signé au profit des puissances occidentales quelques années avant le protectorat...
Si les Européens nous ont fait signé cet accodr c'est qu'ils sont à 1000% gagnant...
Il n'y a rien de gratuit dans ce monde...

Antar a dit...

A elyes merci por ton post.

je comprends que cela puiise eetre difficile comme je l'ai mentionne dans mon post mais de la a es donner la mort a 89 ans .. je ne vois aucune logique ou aucune raison d'en arriver a cet extreme.

deuxiemement concernnat le SMIg tu as raison mais c'est un deut on suit le cheminement de tous les pays emregents et la Tunisien nous sommes encore dans la sous-traitance et les produits a valeur ajoute grant d'une augmentation de salaire tarde a porter leur fruits. MAis il vaux mieux avoir le SMIg que de ne pas avoir de salaire du tout ... il faut rapepller que le taux de chomage oscille autour des 15 % ..

pour l'accord de libre echange c'est un accord qui est selon moi juste pour les deux parties, nous avons la possibilite d'exporter nos produits plus facilement amis il faut faire face a la guerre des spris et de l'arrivee des produits europeens en Tunisie..,. Celapeut creer des emplois chez nous ( ex : Carrefour Casion geant :je prends juste l'exemple de l'alimentation ) Qu'est-ce qu'un marche de 10 millions de consomateurs au pouvoir d'achat limite face a pres de 300 millions Europeens au pouvoir d'achat qui doit equivaloir au moins 8 a 10 fois le notre ???

Roumi a dit...

Bonjour Aziz. Bon effectivement je suis d'accord avec ce qu'a dit Elyes. Je le dis régulièrement à des Tunisiens avec un brin de sadisme mais bon il faut bien voir la vérité en face : passer du protectorat où la France pilotait l'exploitation de l'économie tunisienne à un pays indépendant politiquement mais toujours aussi dépendant sur le plan économique et financier n'est pas une avancée si grande qu'elle mérite tant de discours de fierté. Il est un peu absurde de juger si durement le modèle économique colonial dans la mesure où il est à peu près toujours en place, mais cette fois sous une forme acceptée !!! Il est évident que les investisseurs étrangers profitent des conditions avantageuses et en particulier des bas salaires tunisiens pour certaines de leur activité ; où est la différence avec l'époque du protectorat ? Aujourd'hui on se réjouit de cette situation et on la dénonce pour le passé récent ! C'est un peu schizophrénique comme attitude et il faut sérieusement méditer cette question !
Je crois aussi bon de rappeler qu'avant la mise en place du protectorat, la modernisation de la Tunisie s'est enclenchée par l'appel aux devises et entreprises étrangères, par exemple pour la construction de la ligne ferroviaire vers La Goulette et La Marsa construite par une entreprise anglaise, puis exploitée par une compagnie italienne, ... cela se passait avant le protectorat... et ce modèle de développement économique a permis non seulement à des entrepreneurs de s'enrichir, c'est certain, mais aussi à la Tunisie de connaître un certain développement. Ce modèle, né au XIX e siècle, n'a fait qu'être amplifié sous la tutelle française et finalement il se poursuit encore mais avec une tutelle qui n'est plus à proprement parler celle d'une puissance étrangère unique mais celle d'entrepreneurs de divers origines.
Il faut également rappeler que c'est le même modèle économique qui s'est mis en place dans les pays mêmes qui ont pratiqué la politique colonialiste. C'est le même type d'entreprises qui a par exemple permis à la France de se couvrir de voies ferrées et à la Tunisie d'en faire par la suite de même. Dans les deux cas, l'Etat s'est reposé sur des entrepreneurs et cette politique se poursuit encore par exemple avec les concessions autoroutières, portuaires, ... la logique économique que l'on peut dénoncer à une certaine époque, elle existait avant et existe toujours (et on s'en réjouit !) et surtout elle n'est pas finalement spécifique du modèle colonial, la situation actuelle le prouve bien ; elle est propre au développement des Etats modernes. Il faut être cohérent alors ; soit on dénonce intégralement un modèle économique né au XIXe s. et répandu finalement un peu partout, à plus ou moins forte proportion encore aujourd'hui ; soit on considère qu'il est une bonne chose mais enfin il n'est pas évident d'en critiquer certaines manifestations et d'en accepter d'autres avec satisfaction.