mardi, mai 08, 2007

L’eau, le défi du XXI ème siècle.

En Tunisie, la moyenne des ressources en eau est estimée à 450 m3 par habitant et par an, moyenne qui reste très en deçà du seuil de pauvreté en eau déterminé par l'ONU, soit 1000m3/h/ an. Pire, il est prévu que face à la demande croissante d'eau en raison de la croissance démographique et le développement des secteurs économiques, cette moyenne nationale baissera à 370 m3/h/an à l'horizon de 2025, ce qui place la Tunisie parmi les pays les moins dotés en ressources renouvelables en eau.

Face à ce danger, la Tunisie n'a plus de choix que de renforcer les actions de sensibilisation sur la rationalisation et d’avoir recours aux ressources non conventionnelles (dessalement des eaux saumâtres, des eaux de mer et la réutilisation des eaux usées et traitées), comme solutions pour subvenir, à moyen et long termes, aux besoins des Tunisiens en ressources hydriques notamment ceux qui habitent les régions du Sud qui seront les plus affectées par cette baisse et auront le plus besoin d'eau domestique de bonne qualité.

L'expérience tunisienne en matière de dessalement date de 1983, année de la création de la station de dessalement des eaux saumâtres de Kerkennah. Le Sud, se caractérise par un fort taux de salinité (>2g/l). C’est donc très difficile mais surtout très cher de dessaler notre eau..
La technique adoptée lors du dessalement consiste à séparer, les eaux douces des eaux salées, et ce, après plusieurs étapes de filtration, et d'ajout de certains produits chimiques (acide sulfurique et autres) .
Cofinancées par la banque japonaise pour la coopération internationale (JBIC) pour un global estimé à 60 000 millions de dinars, plusieurs stations tel que celles de Zarzis permettent de produire de l’eau de bonne qualité .

Utilisé à hauteur de 54% par les foyers et établissements publics, 33% par l'industrie et 13% par le tourisme l’eau en Tunisie devient un véritable enjeu économique. Ceux des régions côtières (propriétaires d'hôtels, d'usines) constituent les plus gros consommateurs d'eau avec un taux de 46%, suivis des abonnés de la région du grand Tunis (34%) et des régions intérieures (20%). La surconsommation d'eau (consommation ordinaire et fuite d'eau) persiste encore. Elle peut aller jusqu'à 800 litres/jour/lit dans les établissements hospitaliers, 550 l/j/résidant dans les établissements hôteliers. La consommation dans ces lieux publics est deux fois supérieure à celle des ménages.

Le Tourisme qui demeure et demeurera un apport important dans notre économie a un impact énorme sur le peu de ressources hydrauliques que nous possédons. On peut donc se poser la pertinence de créer un golf de 18 trous en plein désert prés de Tozeur !!!

3 commentaires:

Saied a dit...

Merci Aziz pour cet article.

Nous sommes en train de gaspiller l’eau en toute inconscience. Nous réaliserons le danger le jour où on nous imposera des quotas d'utilisation (6h par jour, par exemple).

Je pense qu’il faut agir dans le sens de minimiser les gaspillages, en accentuant les compagne de sensibilisation, en rénovant notre réseau national de distribution d’eau, en surtaxant les industries très gourmandes en eau (je pense au secteur hotellier où la devise coule à flots).

Il faut recourir d’avantage au techniques de dessalement de l’eau de mer et des eaux saumâtres. Le coût de l’eau produites par de telles techniques se situe aujourd’hui en-dessous de 1$ le m3, ce qui est inférieur au coût obtenu en pompant l’eau des barrages du nord vers le sud du pays.

Le dessalement, comme l’aduction d’eau d’une région à une autre, sont des processus qui consomment de l’énergie. Une politique de sécurisation des approvisonnement en eau doit être appuyée par une autre qui garantierait les ressources énergétiques.

Aujourd’hui, la Tunisie est un importateur net d’hydrocarbures, et c’est notre seule source d’énergie.

Bouha a dit...

ON DOIT BANIR LES TOILETTES TRADITIONNELLES ET FAIRE EN SORTE QUE LES TOILETTES CHIMIQUES (PAS DE CHASSE D'EAU) SOIENT PLUS GENERALISEES... COMME PREMIERE ETAPE

Anonyme a dit...

Mr Aziz
Tout à bord ,je suis d'accord avec vous que les ressources en eau douce sont rares en Tunisie et que la sensiblisation pour une utilisation efficace et "civique " de cette ressource est une priorité et un devoir pour les tunisiens.Cependant votre article cache de nombreuses "fausses informations", la première et que le terrain de golf de Tozeur est irrigué par des eaux usées traitées provenant de la station d'épuration et là c'est un exemple de bonne valorisation des ressources et non un exemple de gaspillage.deuxièmement, la méthode utilisée pour le dessalement dans la station de Zarzis est la methode d'osmose inverse et non un procédé de filtration.La technique d'osmose inverse est utilisée aussi dans les autres stations de déssalement du pays et c'est la technique qui a été adoptée en tunisie parmi tant d'autres parce qu'elle est la moins gourmande en énergie surtout que notre pays manque aussi des ressources énergétiques.La troisième fausse information concerne les chiffres de consommation des ressources en eau, à ma connaissance, la consommation totale des secteurs de l'industrie , de l'eau potable et du tourisme ensemble est d'environ 30% alors que l'agriculture consomme à elle seule 70%.Je m'arrête là tout en insistant sur la gravité du sujet qui mérite de notre part ll'attention qu'il faut.